Établissage et Repassage des Montres à Répétition (Livre)

Livre de John HUGUENIN (professeur de repassage à l'École d'Horlogerie de Genève), publié par le Journal Suisse d'Horlogerie en 1897.

Le titre complet est :
Établissage et Repassage des Montres à Répétition
Exposé Pratique par M. John Huguenin

Ce livre comporte 48 pages, uniquement avec du texte. Aucun dessin ni photo.

Table des Matières

  • AVERTISSEMENT (p. 5)
  • Introduction (p. 7)
  • Examen préalable du mouvement (p. 9)
  • Plantage d'échappement (p. 11)
  • Montage de la boite (p. 12)
  • Emboîtage (p. 13)
  • Ressorts-timbre (p. 15)
  • Repassage de l'emboîtage (p. 15)
  • Mise en fonction du tirage (p. 18)
  • Repassage du remontoir (p. 20)
  • Repassage des rouages de l'échappement et de la sonnerie (p. 22)
  • Engrenage de la roue avec l'ancre du rouage de sonnerie (p. 25)
  • Mise en fonction de la cadrature des répétitions à quarts et à cinq minutes (p. 26)
  • Justifiage de la sonnerie des heures avec l'ancien système de décrochement (p. 32)
  • Mise en fonction de la cadrature des minutes (p. 33)
  • Procédé de justifiage du limaçon des minutes (p. 38)
  • Sonnerie des heures (p. 40)
  • Sonnerie des quarts, cinq minutes et minutes (p. 41)
  • Isolateur du sautoir de la surprise (p. 43)
  • Vérification générale, mise aux fournitures et remontage définitif (p. 44)

Extrait du livre

Introduction

Le mécanisme des montres à répétition sonnant les heures et les quarts fut appliqué primitivement aux mouvements avec échappement à palettes, dit à roue de rencontre. Le marteau des heures et celui des quarts frappaient sur un timbre vissé dans le fond de la boite; l'emploi des ressorts-timbre en acier, de tonalités différentes, rendit plus distincte la sonnerie des quarts, et ces ressorts étant vissés sur la platine du mouvement, il fut possible de diminuer considérablement la hauteur de la boite.

La crémaillère, actionnée par un poussoir adapté au pendant de la montre, entraînait l'arbre du ressort de sonnerie au moyen d'une chaîne enroulée sur une poulie ajustée sur son carré; après un certain temps d'usage, la chaîne se trouvait allongée au point de faire décompter la sonnerie, qui accusait une heure de moins que celle indiquée par les aiguilles. On évita cet inconvénient en substituant à la chaîne la crémaillère dentée engrenant directement à un pignon ajusté sur l'arbre.

D'autres perfectionnements furent successivement apportés aux pièces à répétition. Le pignon de délai engrenant à la dernière roue du rouage, dont on réglait la vitesse par le degré de pénétration de l'engrenage, fut remplacé par l'ancre dont les oscillations sont accélérées ou ralenties au moyen d'une clef portant une goupille flexible, que l'on peut rapprocher ou éloigner du volant fixé sur sa tige. L'avantage de ce système est que la vitesse du rouage de la sonnerie n'est pas sensiblement diminuée par le fait de l'épaississement des huiles.

Plus tard, la fonction du décrochement de la pièce des quarts fut modifiée avantageusement; l'ancien tout-ou-rien fut supprimé et la position de l'étoile des heures devint fixe sur la platine. Enfin lorsqu'on imagina la boîte à savonnette (à double fond), on remplaça le poussoir par un verrou (tirage) ajusté à la carrure et agissant contre un bras de la crémaillère. Cette disposition permit également l'application du remontoir au pendant aux montres à répétition.
Après avoir subi un ralentissement pendant un certain temps, la fabrication de ces pièces a repris beaucoup d'extension à Genève, dans le canton de Neuchâtel, à Bienne et à la Vallée du lac de Joux, dont les fabricants fournissent la majeure partie des mouvements en blanc et cadratures.

On construisit ensuite la répétition à quarts et demi-quarts, le grand marteau frappant un coup à sept minutes et demie après l'heure et après chaque quart; celle à cinq minutes, le petit marteau frappant après l'heure. un coup à cinq minutes, deux coups à dix, trois coups à quinze, et ainsi de suite jusqu'à onze coups à cinquante-cinq minutes; celle à quarts et cinq minutes, le grand marteau frappant après l'heure et chaque quart un coup à cinq minutes et deux coups à dix minutes; puis la répétition sonnant les heures, les quarts et les minutes, le petit marteau accusant les minutes depuis la première jusqu'à la quatorzième après l'heure et chaque quart; enfin la montre à grande sonnerie sonnant d'elle-même les heures et les quarts comme une horloge, et répétant à volonté les heures, quarts et minutes.

On fabrique depuis bien des années des montres à répétition auxquelles on a ajouté d'autres genres de complications: secondes indépendantes, chronographes, quantièmes, etc.; dans certains cas les calibres ont été modifiés pour obtenir l'espace nécessaire pour ces divers mécanismes. Dans les pièces à minutes, par exemple, les deux marteaux ont été rapprochés l'un de l'autre comme ils le sont dans celles à quarts; cette disposition permet d'adapter ces deux genres de cadratures sur un même calibre de mouvement. Le mécanisme isolateur du sautoir de la surprise, qui supprime la charge occasionnée par ce dernier au rouage de l'échappement, est un perfectionnement très important.

Les procédés mécaniques sont employés actuellement pour la construction des cadratures, mais les pièces de qualité supérieure et celles de petit calibre ou extraplates sont exécutées presque entièrement à la main par un seul ouvrier; il s'en fabrique en grande quantité dans les genres soignés et ordinaires à des prix très variables.

Le nombre des ouvriers cadraturiers est maintenant assez restreint, surtout pour les pièces très soignées; à cette cause, et aussi à la baisse du prix de la main-d'oeuvre, on peut attribuer l'infériorité que l'on remarque dans la qualité d'un grand nombre de ces pièces, surtout dans celles à quarts.

C'est en apportant tous les soins nécessaires dans les détails de l'établissage et du repassage que l'on peut obtenir une marche satisfaisante et la sûreté dans les fonctions de la cadrature, malgré les imperfections qui pourraient exister dans la disposition du calibre et l'exécution du mécanisme.

L'exposé qui va suivre a pour but d'éveiller l'attention des horlogers sur les conditions et principes d'un bon établissage, afin d'éviter aux repasseurs qui doivent livrer les pièces prêtes pour le réglage définitif, les difficultés et pertes de temps résultant de retouches inévitables lorsqu'une bonne méthode n'a pas été suivie dès le commencement.

Ces conditions sont basées sur l'expérience acquise par les fabricants, visiteurs et ouvriers repasseurs les plus compétents de notre fabrique. Depuis l'année 1883, époque à laquelle a paru la première édition de ce travail, l'examen des montres à répétition que j'ai eues entre les mains pour nettoyage et rhabillage a pu me convaincre que, dans le plus grand nombre, la mise en fonction des cadratures n'avait pas été terminée, c'est-à-dire qu'elles sonnaient parfois une heure différente de celle indiquée par les aiguilles, ou que des imperfections causaient une perturbation dans leur marche; c'est ce qui m'a engagé à le compléter en entrant dans tous les détails concernant le visitage et le repassage de ces pièces, et en y ajoutant de nouveaux moyens d'exécution qui ont été mis en pratique et ont donné de bons résultats.

Couverture

 Couverture du livre

 
etablissage_et_repassage_des_montres_a_repetition._john_huguenin_1897.txt · Dernière modification: 2008/01/28 15:21 (édition externe)
 
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